Vincent JOUËT, Coach professionnel et Hypnothérapeute à Saint Brieuc est spécialisé dans la gestion du poids, l'arrêt du tabac et des addictions, la gestion du sommeil et le burn-out, et afin d'agrémenter ma boite à outil de coach je suis devenu praticien PNL.
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L'orchidée

L’orchidée

Il est fréquent d’offrir, pour un anniversaire ou toute autre occasion, une belle orchidée. On l’achète déjà en fleurs, éclatante, presque parfaite, si agréable à contempler. On la place bien en évidence, dans un lieu de passage, pour qu’elle soit vue — et pour mieux profiter de sa beauté fragile, comme si ses jours étaient déjà comptés.

Pourtant, malgré tous les soins apportés et les conseils — parfois contradictoires — suivis avec application, vient un moment où l’orchidée fane. Pétale après pétale, fleur après fleur, elle perd de sa superbe. Elle retarde autant qu’elle peut l’instant où elle sera dépouillée de ses honneurs, reléguée dans un coin plus discret de la maison, comme si sa mission était terminée.

C’est ainsi qu’un jour de décembre, je récupère une orchidée encore dans son petit pot rempli de copeaux de bois, avec un système racinaire bien développé et une petite soucoupe. Je ne suis pas fleuriste et, pour être honnête, je ne connais rien à cette plante. Je la dépose près d’une porte vitrée, à un endroit qui me semble stratégique, afin qu’elle capte la lumière du soleil. Une curiosité nouvelle s’installe dans mon quotidien.

Je passe la voir régulièrement. Ses grandes feuilles vertes me rassurent : il y a encore de la vie. J’apprends à l’observer, à sentir quand l’arroser, comme si elle me le demandait. Un peu d’eau du robinet, laissée au repos, suffit. Les jours deviennent des semaines, sans changement notable. Les feuilles grandissent toutefois, signe encourageant.

Le printemps arrive. Je m’attends, comme pour la plupart des plantes, à voir apparaître des bourgeons. Rien. Un mélange de déception et d’inquiétude s’installe. Pourtant, je continue : je prends soin d’elle, je la déplace, je change son pot, je l’arrose.

L’été passe sans transformation majeure.

Puis, au début de l’automne, à ma grande surprise, une tige verte apparaît entre ses feuilles. Fine, fragile, mais bien réelle. Et un jour de décembre, les premiers bourgeons se forment… jusqu’à l’éclosion de nouvelles fleurs. Le plaisir est immense, presque enfantin, face à cette renaissance inattendue.

Cette orchidée m’a appris quelque chose d’essentiel : la vie ne disparaît pas parce qu’elle ne se voit plus. Elle travaille en profondeur, en silence, parfois longtemps, avant de réapparaître.

Comme les personnes.

En coaching professionnel, il arrive souvent que rien ne semble bouger au début. Pas de résultats visibles, pas de transformation spectaculaire. Pourtant, quelque chose se passe. Les racines se renforcent. Les ressources se réorganisent. La confiance se reconstruit. Le sens émerge.

Et puis, un jour, une tige apparaît.

Une décision.
Un nouveau regard.
Une posture différente.
Une action jusque-là impossible.

La fleur n’est pas le début du changement. Elle en est l’aboutissement.

Le rôle du coach n’est pas de faire fleurir à tout prix, ni d’accélérer la nature, mais d’offrir les conditions favorables : présence, écoute, cadre, confiance. Ensuite, chacun refleurit à son rythme.

Certaines transformations prennent un printemps.
D’autres une année entière.
Et parfois plus.

Mais tant que les feuilles sont vertes, la vie est là.